Voilà, c'est fait, j'ai déposé l'enveloppe dans l'urne, avec un bulletin « Macron ».

Il me répugne.

Je m'essuie les mains nerveusement sur mon jean. C'est comme si mes doigts étaient brûlés à l'acide.

J'ai pris ce bulletin. Je ne l'ai pas choisi. Certes, on m'a consulté, on a demandé mon intention de vote. Pas pour le légitimer, mais pour donner une vue de ce qui serait fait. Par la France Insoumise.

Ainsi, je me suis engagé. Engagé à conserver un équilibre. Parce qu'il s'agît bien de ça. Depuis le 23 avril au soir on me bassine, on m'emmerde, on me tartine de poncifs, on m'injoncte, on m'interdit toute jonction entre s'abstenir et simplement ne pas vouloir.

J'ai failli ne pas tenir, j'ai failli ne rien mettre du tout dans cette putain d'enveloppe. Il m'a fallu tenir bon.

Qu'il passe ou qu'il échoue, Macron, ce qu'il représente, me dégoute. Moins que l'autre poubelle à sortir, bien sûr, mais je l'estime néanmoins dangereux.

Je manie son bulletin comme un déchet toxique. Un déchet à manipuler avec précaution. Un déchet qu'on ne peut jeter au hasard dans la nature. Il ne se dégrade pas : il contamine. Il ne disparaitra pas comme ça.

Ce qu'il met en place est une pollution durable. Une pollution datant du 17e, mais qui se révèle plus particulièrement depuis 30 ans, car elle est en passe de nous détruire.

Elle est en passe d'éradiquer toute vie sur la surface de la planète. Derrière sa glose, elle n'est qu'un mal inconscient. Pas une hydre. Elle étend son manteau, et tout est brûlé. Une hydre a des têtes, ceci n'est qu'un corps. Ses cellules, mutantes, se dévorent les unes les autres. Par parties. Par régions. Ses cellules meurent en rejetant tous les déchets qu'elle a accumulés.

Pas seulement pour l'argent. Pour l'argent, elle est le puis sans fond d'une masse ridicule transformée en bulles de savons. Ses irisations sous séduisent. parfois...

L'argent qui ne sert plus à l'échange, à peser une valeur symbolique du travail qui aurait été fait.

Mais pour le capter, on s'intéresse à ses irisations. Le travail n'importe plus. Et surtout on va prendre. Tout. N'importe quoi. Sans se montrer sélectif. Sans s'intéresser au devenir du site. De ce qui y vit. De notre espèce même.

Alors oui, j'ai déposé le bulletin Macron.

Maintenant il m'appartient, il nous appartient de traiter ce sortant probable tel un déchet toxique.

De décaper la Terre qu'il a souillé. De l'extirper. De l'isoler. De vaincre sa contamination et de le retraiter.

Et pour retraiter ce déchet, nous aurons besoin de monde dés les 11 et 18 juin, pour disposer des forces nécessaires dans l'hémycicle à défaire ses ordonnances et refaire des lois.

Plus qu'une simple nécessité économique, c'est une urgence écologique nécessaire à la sauvegarde de l'espèce et de son milieu.

Maintenant qu'on a sorti la poubelle...

Petite Marianne-Iline Insoumise